Le plasma riche en plaquettes en deux mots
Le PRP est un concentré plaquettaire autologue obtenu par centrifugation différentielle du sang. Il est utilisé en orthopédie et en médecine du sport pour les tendinopathies chroniques (épicondylite, tendon patellaire) et l’arthrose débutante. Sa qualité dépend essentiellement de trois variables : RCF appliquée, durée, géométrie du rotor.
Protocole à un temps versus deux temps
Le protocole à un temps consiste à centrifuger une seule fois (typiquement entre 180 et 250 g pendant 10 à 15 minutes) puis à prélever la couche au-dessus du culot rouge. Le rendement plaquettaire est modéré, le facteur de concentration reste maîtrisé. Le protocole à deux temps ajoute une seconde centrifugation dure (de 1 500 à 3 000 g) pour culotter les plaquettes, puis remise en suspension dans un volume réduit.
| Paramètre | Un temps | Deux temps |
|---|---|---|
| Rendement plaquettaire | 60 à 75 % | 80 à 92 % |
| Facteur de concentration | × 1,5 à × 3 | × 4 à × 8 |
| Présence de leucocytes | variable | dépend du choix de prélèvement |
| Risque hémolyse | faible | non négligeable au second tour |
Le piège du leucocytome
La proportion de leucocytes dans le PRP fait débat depuis quinze ans. Une partie de la littérature plaide pour un PRP pauvre en leucocytes (LP-PRP) en infiltration intra-articulaire, l’autre pour un PRP riche en leucocytes (LR-PRP) sur les tendinopathies chroniques. Le choix du protocole de centrifugation oriente cette composition. La classification DEPA proposée par Magalon en 2016 reste l’outil le plus utilisé pour caractériser un PRP avant de publier des résultats cliniques.
Reproductibilité, le vrai sujet
Sur un échantillon de praticiens visités en 2025, nous avons relevé des écarts significatifs dans la mise en oeuvre d’un même kit commercial. Durée mesurée à la montre plutôt qu’au minuteur intégré, prélèvement à la seringue à des hauteurs variables dans le tube, agitation différente avant infiltration. Ces variations expliquent une part de l’hétérogénéité des résultats cliniques publiés. Aucune n’est spectaculaire, leur cumul l’est.
Ce que nous recommandons à la rédaction
- Standardiser la RCF dans les comptes-rendus internes plutôt que la vitesse de rotation. Voir notre article sur RCF et RPM.
- Documenter la position du prélèvement par rapport au culot leucocytaire (en hauteur depuis le fond du tube, ou en pourcentage de la hauteur de plasma).
- Vérifier la calibration du rotor une fois par trimestre en activité PRP soutenue. L’écart entre consigne et valeur réelle peut atteindre 6 % sur des matériels mal calibrés.
- Tracer le numéro de lot du kit, la durée mesurée au minuteur intégré et la position de prélèvement. Ces trois informations suffisent à reproduire la préparation entre deux opérateurs.
Le sujet du PRP n’est pas clos sur le plan clinique, mais une partie des controverses sur l’efficacité tient à la qualité de la préparation, donc à la centrifugation. C’est là que le geste technique reprend la main sur le débat scientifique.

