Méthodologie

Sept erreurs fréquentes en centrifugation différentielle, et comment les corriger

Volumes inégaux, mauvais arrêt, choix d'angle inadapté, contamination du culot. Liste pragmatique tirée des audits et formations menés en paillasse.

Élise Marchand

Élise Marchand

Directrice de la rédaction · 2 avril 2026 · 7 min de lecture

Cahier de laboratoire et tubes Falcon mal équilibrés à proximité d'une centrifugeuse.

À retenir

  • L'écart de poids accepté entre tubes est de l'ordre de 0,1 g sur microcentrifugeuse, 1 g sur centrifugeuse de paillasse.
  • Une décélération brutale recasse le sédiment et le remet en suspension.
  • La RCF reste la grandeur de référence pour la rédaction du protocole.
  • Le préchauffage à 4 °C exige au moins 15 minutes avant le premier passage.
  • La contamination croisée se prévient par allocation de rotors par type d'échantillon.

Voici sept erreurs que nous croisons régulièrement, en formation comme en audit. La liste n’est pas exhaustive. Elle vise les points qui, sans être spectaculaires, dégradent la reproductibilité au quotidien.

1. Tubes mal équilibrés

L’écart toléré dépend du modèle, mais reste de l’ordre de 0,1 g pour les microcentrifugeuses et de 1 g pour les centrifugeuses de paillasse. Un écart supérieur sollicite les paliers et finit par faire vibrer le rotor. Une balance dédiée à côté de l’appareil règle 90 % des écarts.

2. Programmer la décélération à zéro par défaut

Une décélération brutale recasse le sédiment et le remet en suspension dans le surnageant. Pour les protocoles sensibles (gradients, plasma), préférer une rampe douce, voire une décélération par freinage progressif. Sur les centrifugeuses récentes, la rampe se règle entre 0 et 9 dans le firmware.

3. Confondre RCF et RPM

Sujet déjà détaillé dans notre article dédié. C’est la première source d’écart entre laboratoires.

4. Prélever le surnageant à la pipette plongeante

Plonger la pipette jusqu’au culot remet en suspension une fraction du sédiment. Préférer une pipette à embout positif déposée à 5 mm sous la surface du surnageant, en aspirant doucement.

5. Centrifuger à température ambiante par habitude

Sur les protocoles de fractionnement subcellulaire ou les préparations enzymatiques, la température doit être contrôlée à 4 °C. La consigne du firmware ne suffit pas : il faut prévoir un préchauffage à froid au moins 15 minutes avant le premier passage.

6. Ne pas vérifier l’étanchéité des tubes

Les tubes en polypropylène vieillissent. Les bouchons à vis fatiguent. Un contrôle visuel mensuel et un test à blanc sur eau colorée détectent les fuites avant qu’un bouchon ne saute pendant la rotation.

7. Empiler les protocoles dans le même rotor

Centrifuger des préparations cellulaires fragiles dans un rotor utilisé plus tôt pour des précipités d’ADN sans rinçage soigneux laisse des traces. La contamination croisée n’est pas hypothétique. Allouer des rotors par type d’échantillon évite ce piège.

Une grille à coller au-dessus de la machine

Pour fixer ces réflexes, beaucoup de laboratoires affichent une fiche synthétique au-dessus de la centrifugeuse. Notre modèle est en accès libre dans le guide de protocole reproductible.

Questions fréquentes

Quel écart de poids accepter entre deux tubes ?

Sur une microcentrifugeuse, l'écart toléré est de l'ordre de 0,1 g. Sur une centrifugeuse de paillasse classique, on accepte jusqu'à 1 g. Une balance dédiée à côté de l'appareil règle 90 % des écarts en routine.

Faut-il toujours décélérer en rampe douce ?

Non. Pour les centrifugations dures (précipitation ADN, débris cellulaires), une décélération rapide n'a pas d'impact mesurable. Pour les protocoles sensibles (gradient, plasma, fractionnement), une rampe douce voire un freinage progressif est nécessaire pour préserver la séparation.

Comment éviter la contamination croisée entre protocoles ?

Allouer des rotors par type d'échantillon (un rotor pour ADN/ARN, un pour cellules, un pour précipités minéraux) et nettoyer rigoureusement à l'éthanol 70 % entre deux usages exceptionnels. La traçabilité par marquage discret du rotor est utile en activité partagée.

Pourquoi vérifier l'étanchéité des tubes mensuellement ?

Les tubes en polypropylène vieillissent et les bouchons à vis fatiguent. Un test à blanc sur eau colorée révèle les fuites avant qu'un bouchon ne saute pendant la rotation, ce qui contamine la cuve et dégrade le rotor.

Comment prélever proprement le surnageant ?

Avec une pipette à embout positif déposée à 5 mm sous la surface du surnageant, en aspirant doucement. Plonger l'embout jusqu'au culot remet en suspension une fraction du sédiment et fausse les analyses ultérieures.

Sources et références

  1. Source officielleINRS, ED 6266 — Risques biologiques en laboratoire
  2. Documentation constructeurEppendorf, Centrifugation safety guide

Article publié le 2 avril 2026 , mis à jour le 26 avril 2026.

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