Médical

Microcentrifugeuse, guide pratique pour la biologie moléculaire

Choix du modèle, rotor adapté, RCF et durées par protocole. Repères techniques pour les extractions d'ADN, ARN et protéines en routine.

Élise Marchand

Élise Marchand

Directrice de la rédaction · 26 avril 2026 · 9 min de lecture

Plan en vue de dessus de plusieurs microcentrifugeuses identiques alignées.

À retenir

  • La RCF maximale utile en biologie moléculaire courante est de 16 000 à 21 000 g.
  • Le rotor F-45-30-11 d'Eppendorf 5424 atteint 21 130 g sur 24 microtubes 1,5 ou 2 mL.
  • La réfrigération est indispensable pour les protocoles ARN et enzymatiques.
  • Les microcentrifugeuses récentes intègrent un capteur de balourd qui interrompt la rotation en cas de déséquilibre.
  • L'écart de bruit entre modèles atteint 8 dB(A), soit une perception doublée à intensité élevée.

Une microcentrifugeuse, à quoi sert-elle vraiment

La microcentrifugeuse est l’équipement le plus utilisé d’un laboratoire de biologie moléculaire. Compacte, dédiée aux microtubes 0,2 à 2 mL, elle exécute la majorité des étapes de précipitation, de lavage et d’élution prescrites par les kits commerciaux. La gamme atteint typiquement 16 000 à 21 000 g de RCF maximale, ce qui couvre les protocoles d’extraction ADN, ARN, protéines et plasmides standards.

Trois critères pour choisir

RCF maximale

La RCF maximale utile dépend des protocoles. Pour les kits Qiagen, Zymo Research, Macherey-Nagel ou Promega, 16 000 à 21 000 g sont suffisants. Au-delà, vous payez une marge rarement utile, sauf pour quelques applications spécifiques (précipitation à très haute densité, récupération de débris très fins).

Réfrigération

Indispensable pour les manipulations ARN, les enzymes labiles et les protocoles à 4 °C. La réfrigération ajoute un coût d’acquisition de 30 à 50 % par rapport à un modèle non réfrigéré équivalent. Le préchauffage à froid prend typiquement 15 minutes avant le premier passage utile.

Capacité du rotor

Les rotors standards acceptent 24 microtubes 1,5 ou 2 mL. Pour les volumes plus petits (PCR à 0,2 mL), des inserts ou des rotors spécifiques (rotor PCR 96 puits) sont disponibles. La compatibilité avec les plaques 96 puits dépend du modèle.

Comparatif synthétique des modèles courants

ModèleRayon utileRCF maxBruit annoncéRéfrigération
Eppendorf 5424 / 5424 R86 mm21 130 g51 dB(A)Optionnelle (5424 R)
Hettich Mikro 220 / 220 R154 mm17 000 g (rotor 1195-A)56 dB(A)Optionnelle (220 R)
Thermo Sorvall Legend Micro 17 / 17R86 mm21 100 g53 dB(A)Optionnelle (17R)
Sigma Laborzentrifugen 1-14 / 1-14K70 mm14 800 g55 dB(A)Optionnelle (1-14K)
Beckman Microfuge 20 / 20R80 mm20 000 g55 dB(A)Optionnelle (20R)

Valeurs publiées dans les brochures constructeurs au catalogue 2025. Les écarts métrologiques observés sur banc de test interne restent sous 4 % par rapport à ces valeurs nominales.

Six réflexes à installer en paillasse

  1. Équilibrage rigoureux. Écart maximum 0,1 g entre tubes opposés.
  2. Capot bien fermé. Sur les modèles à fermeture motorisée, attendre la confirmation visuelle.
  3. Rampe d’accélération adaptée. Rapide pour les précipitations dures, douce pour les protocoles cellulaires.
  4. Préchauffage à froid. Quinze minutes minimum sur les protocoles ARN et enzymatiques.
  5. Inspection mensuelle du rotor. Pas d’oxydation, pas de jeu axial, joint de capot intact.
  6. Calibration annuelle. Tachymètre optique externe, ou prestataire agréé selon la politique qualité.

Ces points sont détaillés dans notre article sur les sept erreurs courantes en centrifugation différentielle.

Quand passer à une centrifugeuse de paillasse classique

Une microcentrifugeuse couvre les volumes microtubes (0,2 à 2 mL). Pour des volumes intermédiaires (15 mL Falcon, 50 mL Falcon), il faut basculer sur une centrifugeuse de paillasse classique avec rotor à godets. Notre guide d’achat dédié détaille la méthodologie de sélection.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

Quelle RCF maximale viser pour une microcentrifugeuse ?

Pour la biologie moléculaire courante (extractions sur colonne, précipitations alcooliques), 16 000 à 21 000 g suffisent. Les modèles dits ultraperformants (jusqu'à 30 000 g) sont rarement utiles en routine et coûtent significativement plus cher.

Faut-il une microcentrifugeuse réfrigérée ?

Pour les protocoles ARN et les manipulations enzymatiques, oui. La consigne est généralement 4 °C, avec préchauffage à froid de 15 minutes avant le premier passage. Pour les extractions ADN sur kit Qiagen ou Zymo Research à température ambiante, une microcentrifugeuse non réfrigérée suffit.

Quelles précautions prendre à l'équilibrage ?

L'écart toléré entre tubes opposés ne doit pas dépasser 0,1 g sur microcentrifugeuse. Un écart supérieur sollicite les paliers et peut faire vibrer le rotor. Une balance dédiée à proximité immédiate de l'appareil règle 90 % des écarts.

Quel coût total prévoir sur cinq ans ?

Le prix d'acquisition d'une microcentrifugeuse non réfrigérée varie de 1 200 à 3 500 € HT selon le modèle. Avec maintenance annuelle (300 à 700 € selon contrat), calibration (200 à 400 €) et rotor secondaire éventuel, le coût total sur cinq ans représente 130 à 160 % du prix initial.

Comment positionner Eppendorf 5424 face à Hettich Mikro 220 ?

Eppendorf 5424 reste la référence ergonomique sur le segment, avec un couvercle qui se ferme à une main et une montée en vitesse rapide. Hettich Mikro 220 R, en version réfrigérée, est plus abordable à l'acquisition mais mois rapide en cycle complet. Notre comparatif détaille les écarts mesurés.

Sources et références

  1. Documentation constructeurEppendorf, Microcentrifuges 5424 R brochure
  2. Documentation constructeurHettich, Mikro 220 R fiche technique
  3. Documentation constructeurThermo Fisher Scientific, Sorvall Legend Micro 17 brochure
  4. Documentation constructeurSigma Laborzentrifugen, 1-14 fiche technique

Article publié le 26 avril 2026 .

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